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Blé, maïs, riz… tout le monde connaît et consomme ces céréales les plus répandues dans le monde. Elles constituent la base de notre alimentation et fournissent les apports quotidiens nécessaires en protéines, minéraux et vitamines. Ces aliments sont le fruit d’une sélection opérée par l’homme depuis plusieurs millénaires, dans le but de cultiver des graines à la fois résistantes et rentables. Aujourd’hui, de plus en plus d’agriculteurs prennent le parti de privilégier les semences anciennes. Ils souhaitent ainsi favoriser la biodiversité et proposer aux consommateurs des produits sains et authentiques

Qu’entend-on par semences anciennes ?

Après la seconde guerre mondiale, la massification des cultures a mis de côté les semences anciennes pour privilégier des variétés plus modernes. Le blé, par exemple, est la base de notre alimentation ; il permet de produire de nombreux aliments transformés (biscuits, pâtes…). Cette céréale est issue d’une variété hybride que l’homme a sélectionnée et diffusée dans le monde entier. Mais sa culture nécessite un apport conséquent en engrais et en divers produits afin de combattre les maladies.

Depuis quelques années, de plus en plus d’agriculteurs remettent au goût du jour les graines oubliées et cultivent des céréales plus rustiques et plus écologiques. Mais qu’entend-on exactement par semences anciennes ? Et pourquoi reviennent-elles à la mode ?

Le retour des graines oubliées

Il s’agit en fait de graines qui ne sont plus majoritaires dans les cultures agricoles de masse. Parmi celles-ci, nous pouvons citer entre autres le sorgho, l’épeautre, le sarrasin, l’orge et de nombreuses autres variétés. Ces semences anciennes présentent l’avantage d’être très résistantes. En effet, elles s’adaptent sans problème à tous types de terroirs. Mais ce n’est pas tout. Pour s’épanouir, les céréales d’antan n’ont pas forcément besoin d’être alimentées en engrais et le désherbage n’est pas nécessaire.

Vous l’aurez compris, sans utilisation de produits chimiques, les semences anciennes sont idéales pour la culture biologique

Semences anciennes, des bienfaits pour la santé ?

En plus de favoriser une diversité agricole, les semences anciennes garantissent les apports nutritionnels indispensables au quotidien, tout en limitant l’utilisation de produits chimiques. De plus, grâce à des gluten plus digestes ou en plus faibles quantités, les personnes intolérantes peuvent privilégier facilement leur consommation.

Sur la liste des bienfaits des semences anciennes sur notre santé, citons entre autres : 

  • Le blé de Khorasan, qui apporte 10% à 25% de protéines, fibres, cuivre, fer, zinc, vitamines B1, B2 et B3 en plus que le blé traditionnel.
  • Le sarrasin, cousin du quinoa, qui offre des protéines et une forte concentration de magnésium.
  • Le millet, traditionnellement consommé en Asie et en Afrique, est sans gluten. Il bénéficie d’une bonne teneur en magnésium et son amidon est très digeste.

La liste est encore longue, car il existerait plus de 300 variétés de céréales anciennes. 

Un réseau de protection dynamique, en France et en Alsace

Si elles ne sont pas maintenues en culture de manière régulière, les graines oubliées pourraient disparaître. Ce patrimoine est d’une importance capitale puisqu’il permet de garder une biodiversité de plus en plus convoitée. C’est pourquoi de nombreux agriculteurs français mettent en avant leur attachement aux semences anciennes.

Les semences anciennes en France

C’est pour cela que plusieurs associations françaises militent pour la diffusion de graines biologiques. Leur objectif est de promouvoir des produits naturels. Ainsi, elles s’assurent que les agriculteurs ne soient pas dépendants de semences issues d’industries multinationales qui privilégient les produits OGM. 

Par exemple, le Réseaux Semences Paysannes a créé un collectif national autour des différents domaines de l’agriculture : culture potagère, arboriculture, fourrage

En Alsace, Kerna ùn Sohma représente les cultures anciennes

Au cœur de ce réseau, en Alsace, l’association Kerna ùn Sohma (graines en semences en alsacien) œuvre auprès de tous les acteurs qui jouent un rôle de près ou de loin dans ce domaine. Les producteurs, les boulangers, les consommateurs sont tous sensibilisés sur le thème de la biodiversité et du respect des droits des paysans. Ainsi, le but de Kerna ùn Sohma est de protéger et promouvoir les semences anciennes grâce à diverses actions :

  • Répertorier, sauvegarder et multiplier les semences,
  • mutualiser le savoir faire des paysans et le matériel de récolte,
  • créer une maison des semences alsacienne,
  • former aux techniques de conservation et de multiplication,
  • et partager toutes les connaissances dans ce domaine.

L’association intervient non seulement dans les cultures céréalières mais aussi dans le secteur de la vigne avec l’introduction de pieds anciens dans différents domaines alsaciens. Elle sensibilise également le grand public via différents événements autour de l’agriculture durable

Grâce à ces actions autour des semences anciennes, l’agriculture française peut proposer aux consommateurs un choix plus vaste de produits naturels. Cela permet également aux professionnels de la terre de partager avec la population un savoir-faire ancestral qui débouche sur la commercialisation d’aliments plus sains.

Benjamin C.

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